Diner de plaidoyer avec les décideurs de la province de l’Equateur: la question de la multiplicité des frais de scolarité au coeur du débat

A la suite du lancement de sa campagne en faveur de l’abolition des frais de scolarité dans l’éducation de base, campagne qui a été lancé lors de la publication de sa note de plaidoyer, la Coalition Nationale de l’Education Pour Tous en République Démocratique du Congo a organisé le vendredi 25 novembre 2016, dans la ville de Mbandaka, l’hôtel Nina River, un diner de plaidoyer avec les décideurs de la province de l’Equateur.

A l’Hotel Nina River de Mbandaka , arrivée du ministre provincial de l’éducation accueillit par le coordonnateur et la PCA national ainsi que par le coordonnateur et le PCA au niveau provincial de la CONEPT

Celui-ci a été véhiculé par une grande activité de plaidoyer avec les autorités politiques (Ministre provincial de l’Enfant, Femme, Famille et de la communication, Président de la commission sociale et culturel de l’assemblée provinciale de l’Equateur, Directeur de cabinet du Président de l’Assemblée Provinciale, Ministre provinciale de l’Education) et scolaires (le Directeur Provincial de l’EPS- INC, les Sous – directeurs Provinciaux, l’inspecteur provincial et les Coordonnateurs des écoles) de la dite province qui ont pris la parole à tour de rôle.
Ce diner à double objectif a consisté à encourager les décideurs et à renforcer une meilleure application des textes légaux en faveur de la gratuité de l’enseignement base et la mise en application de toutes les mesures d’accompagnement a eu pour but de créer un cadre régulier d’échanges et mener régulièrement des actions visant à influencer directement les décideurs sur les réformes à mener en vue de promouvoir le droit à l’éducation des enfants, plus particulièrement celle des filles et des vulnérables.
La gratuité une notion qui diffère d’un acteur à un autre
De prime à bord, différentes interventions ont amené les décideurs à reconnaître que la province souffre en effet de la multiplicité des frais de scolarité et que la mise en œuvre de la gratuité n’est pas effective, bien que la province de l’Equateur se trouve parmi celle concerné par la mesure de gratuité décrété en aout 2010.
Cependant pour les autorités des provinces éducationnelles présentes à ce diner, la notion de la gratuité n’a pas le même entendement : si pour les parents d’élèves cela signifie zéro frais à payer, pour le gouvernement qui a décrété la gratuité depuis aout 2010, elle ne concerne que les frais directs c’est-à-dire le minerval. Tout ce qui constitue les frais indirects ne sont pas concerné par la mesure de la gratuité selon l’entendement du gouvernement.
La multiplicité des frais de scolarité, un fléau qui persiste
Toujours selon les autorités du secteur de l’éducation de la province de l’Equateur, une autre difficulté qui entrave la mise en œuvre de la gratuité est les frais de fonctionnement de 45000 FC alloué qui ne tiennent pas compte de la taille des écoles. En plus, les bureaux gestionnaires qui ne sont pas encore mécanisés viennent prélever leur fonctionnement sur ces 45000FC des écoles.
Une autre difficulté a été soulevé c’est le salaire des enseignants qui ne suit pas ; des enseignants (100.000 dans cette province) et des sentinelles non payés ; la défection des bâtiments qui nécessite d’être réfectionnées ; le manque d’infrastructures, d’où le recours jusqu’à ce jour aux frais de motivation .Et a tous ces problèmes s’ajoute également la discrimination exercer sur les enfants issus des peuples autochtones notamment les pygmées , ce qui constitue un risque de révolte dans l’avenir.
Les autorités éducationnelles de la province de l’Equateur soutiennent le plaidoyer de la CONEPT
Du fait que toute action nécessite une réaction, à l’issue de ces assises, l’attente de la CONEPT/RDC est que les décideurs comprennent et prennent conscience de la problématique de la gratuité, de la nécessité d’abolir les frais de scolarité et de l’accroissement du financement de l’éducation au niveau national et provincial ; et aussi que les décideurs prennent l’engagement d’adopter une stratégie de mise en œuvre pour soutenir l’effectivité de la gratuité.
Pour le Ministre Provincial de l’Education , représentant personnellement le gouverneur de la province de l’Equateur à ce diner , la mise en œuvre de la gratuité est un chemin parsemé d’embuches , et entant que ministre en charge de ce ministère au niveau de la province et enseignant, il a promis de prendre conscience et de faire des efforts pour l’avenir de la province de l’Equateur.
Il a poursuivi en se posant la question de savoir où était passée la commission interministériel chargée de la mise en œuvre de la mesure de gratuité de l’enseignement primaire qui depuis sa 1er réunion du 15 avril 2011 avait décidé que le gouvernement provincial devrait suivre la mise en œuvre de la gratuité dans leur province respective ; et aussi l’effectivité de la compétence des transfert des compétences aux provinces qui n’est pas encore fait et qui rend difficile certaines taches des gouvernements provinciaux notamment dans le suivi de la mise en œuvre de la mesure de la gratuité.
Il a terminé en signifiant à la CONEPT que son plaidoyer a été bien accueillit, tout en la remerciant de se soucier avec autant d’ardeur de l’avenir des enfants de la province de l’Equateur.
Ornette NYOK

 

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